17 octobre 2008

Le nouveau colonialisme français

Ah la France, ce beau pays civilisé, berceau des droits de l’homme.
Bien sûr, tout au long de son histoire, il s’est illustré dans des épisodes pas forcément reluisants : esclavage, colonialisme (liste non exhaustive).
Mais aujourd’hui, en 2008, c’en est fini de tout ceci, la France est un pays modèle et moderne.
Un pays où tous ont les mêmes droits, peu importe leur âge, couleur de peau, orientation sexuelle, religion…
Un pays de respect, de droit, de partage.
Vraiment pas le genre d’endroit où l’on va chercher dans les pays moins développés des « cerveaux » (médecins ou scientifiques) qui seront payés en France 4 fois plus que chez eux. Au risque de freiner l’essor de ces pays qui plus que tout ont besoin de ces moteurs du développement. Au risque d’y provoquer une grave pénurie, au diable leurs malades, la France a besoin de médecins pour exercer dans le rural.

Il ne faudrait surtout pas déranger les nouveaux médecins qui préfèrent exercer en ville, autrement dit, 3 cabinets le mètre carré, plutôt que de remplacer ceux qui partent à la retraite dans les campagnes. On ne va quand même pas les forcer à exercer quelques années dans ces zones non-attractives. Ce ne sont tout de même pas des profs !

Pas non plus le genre d’endroit où l’on renvoie par charter les immigrés clandestins qui ne demandent qu’à faire des ménages à 4 euros de l’heure, ramasser les poubelles des bons français, les servir à table… A leur voler leur pain en somme. A profiter un peu eux-aussi de ce que nous offre cette belle nation moderne. Qui ne demandent qu’à élever leurs enfants loin de la misère de leur pays.

Enfin, pas le genre de pays qui exploite honteusement les ressources intellectuelles, 2008 oblige, de ses « colonies » pour s’enrichir, tout en méprisant ceux qui n’ont rien, qui ne peuvent que regarder de leur hublot d’avion ceux qui ont tout.

 

by Marie Mozziconacci

09 octobre 2008

Krach'n'Cash

krach.jpgDe Tokyo à Francfort, les marchés financiers n'en finissent plus de s'écrouler. On a le sentiment que, passé le moment d'euphorie lié à l'effet d'annonce d'une mesure de sauvegarde (création de fonds pour récupérer les toxiques, injections massives de liquidité, etc.), les marchés réévaluent d'autant plus la gravité du mal, et plonge dans l'anxiété.
C'est ce qu'on a pu constater après l'annonce par les principales banques centrales d'une baisse concertée d'un demi-point de leurs taux directeurs, qui n'a fait qu'enrayer temporairement la chute des cours. Cette baisse constituait pourtant une énorme surprise, un signal fort. En effet, bien qu'on soit habitué aux ajustements flexibles de la FED, il en est tout autre pour la BCE. Et si Jeudi dernier, Jean-Claude Trichet s'était montré plus souple qu'à l'accoutumée, une baisse était alors envisageable dans les mois à venir, mais pas si rapidement.

Quoi qu'il en soit, la crise aura rapproché les gouvernements, contraints de lutter ensemble face à ce qui ressemble de plus en plus à une crise systémique. On assiste à une coordination croissante des banques centrales, à une multiplication des réunions de crise, à une volonté farouche d'éviter la faillite du système bancaire. Il faut remonter aux accords de Bretton Woods pour trouver pareilles circonstances dans l'histoire.

Bretton Woods justement. Devant la paralysie quasi-totale qui frappe le marché interbancaire - obligeant les banques centrales à jouer le rôle d'intermédiaire-garant - et les lourdes conséquences que cela entraîne sur les sphères réelles et financières, la convocation d'un nouveau Bretton Woods apparaît comme inéluctable. Si on espère qu'il se tiendra avant la fin de l'année, une annonce plus précise confirmant sa tenue permettrait de raisonner efficacement les marchés. En plus de son effet à court terme, il permettrait de redéfinir enfin les grands lignes d'un système financier international au bord du gouffre. (et pourquoi pas dans la foulée, les bases d'une nouvelle politique monétaire)

Une fois sortie de la crise financière à proprement parlée, il conviendra alors de mesurer l'ampleur des dégâts sur l'économie réelle. L'importance des séquelles étant corrélée à la durée de la crise.

 

by Pierre Armanet