07 mars 2009

On n'a jamais vu ça et on ne veut pas le voir

n1524039812_199989_2751284.jpgImaginez demain : A la une de « Le Monde » une photo de la classe politique française en dessous du titre « l’escroquerie du siècle est française ! ». La veille un homme a découvert et osé publier l’ « escroquerie » qui se cache derrière la dette publique de l’Etat. L’annonce excite une forte inflation, sous la pression populaire, la France quitte l’euro et se trouve en défaut de paiement comme l’Argentine il y a peu. La suite de l’histoire nous ne là connaissons pas et ne voulons pas là connaître.

Impossible me direz-vous, mais depuis ces 16 derniers mois nous savons que l’impossible n’a plus de sens surtout s’il est devancé d’un « on n’a jamais vu ça !». De l’offensive de la Russie à l’encontre de la Géorgie, au conflit israélo-palestinien, les droits de l’homme et les JO, en passant par l’élection américaine, et notre président qui divorce ou même la crise financière. Combien de fois n’avez-vous jamais vu ça ?

Cet exemple « imaginaire » montre que l’avenir n’a rien d’efficient et par conséquent que nous ne pouvons pas prédire le pire. Ceux qui prévoient une sortie de crise aux portes de la prospérité dans 1, 2, 3, ou plus d’années on tout faux ! ! Nul ne sait de quoi l’avenir sera fait. Cependant nous pouvons constater, et ce qui suit met en évidence le retour aux conditions initiales de crises dans laquelle nous sommes.

Notre crise dans tous ses « Etats » :
La semaine passée trois informations passées apparemment assez inaperçues m’ont parues intéressantes à rappeler. Il s’agit dans un désordre quasi volontaire de :
- La Mesure pour relancer la croissance,
- Du chômage à une hausse record,
- Et d’un budget en chute libre.

¤ Les mesures pour relancer la croissance :
- Avez-vous remarqué que l’Etat mise sur sa « petite trouvaille » : l’auto-entreprenariat. Ça marche et fait grincer des dents car les artisans et autres veulent un statut similaire et pour cause, les chiffres sont bons !
- Il y a aussi, le plan de relance des classes moyennes qui est loin d’être « dangereux » dans l’idée. Ils constituent la base du système de société ! Ils cotisent pour ceux qui en ont besoins et consomment les produits des classes supérieures.

Dans ces deux cas judicieux quelques soit la synthèse à faire l’Etat mise sur la croissance et la consommation quand l’opposition dit que ce n’est pas assez.

¤ Le chômage indique une crise qui elle « ne chôme pas » !!! :
- Est-il utile de rappeler des chiffres qui croîtront sûrement de manière significative ? Il est en tout cas sain de dire ce qui se cache ou pas derrière ces derniers.
- Et cela ne va pas en s’améliorant. On parle déjà de bataille de marge, compression d’effectifs, réduction voir même gel des investissements pour atteindre les rentabilités attendues. Quoi qu’on en disent, l’influence de la finance pèse toujours sur l’économie.
- Enfin il y a cette dette, véritable fardeau pour l’avenir de la France. Dû qui pèse sur notre pacte républicain et menace l’indépendance de nos actions tout autant que l’avenir de nos enfants.

A chaque crise son histoire dis t on, pour quatre crise quatre histoires voit on :
Il est impossible aujourd'hui de prévoir quelles vont être les conséquences économiques et sociales de cet événement finanço-économique et social. Bien sûr, je partage l’avis de ceux qui pensent que les solutions présentées aujourd'hui auraient pues et auraient dues être largement anticipées. Cela n’a rien de positif certes, mais le discours est utile car il fait passer le message que chaque crise est unique même si des temps eux se ressemblent, l’issue elle ne se calque pas et les quatre dernières crises majeures du siècle le confirment. En 1929 la crise dur jusqu’en 36 et un homme s’empare de la crise pour se faire élire en Allemagne. La suite, le monde a appris à ne pas l’oublier. En 1987, les banques centrales ont ANTICIPEES et réagies en effectuant le refinancement d’urgence des banques en dangers. Pour eux, ce fût suffisant au point que cette crise passe inaperçue dans l’histoire. Inaperçu sauf pour les Japonais qui ont vécus un effet « papillon » de l’accord du Plazza et du Louvre, fait que l’économie extérieure est sensible à la baisse du dollar- tout comme leurs épargnes -essentiellement de la monnaie américaine- frappe ce pays. Ce qui les a sauvés est le rachat de la dette -par les citoyens- et l’investissement dans l’innovation. Enfin il y a le cas de l’Argentine, où des émeutes éclatent sous une instabilité politique (10 jours = 4 présidents), hyperinflation, dévaluation du peso, 100 milliards de dette extérieures et un défaut de paiement. L’Argentine s’en sortira par la taxation forte des importations, le gel des tarifs énergétiques et du transport. Le président relance l’activité économique de + de 50 %. Un plan productif sur 4 années pour remettre le pays sur pied.

Ma vision de notre crise
Si la finance est le premier poumon de l’économie à avoir cédée, elle n’en est pas pour autant la seule responsable. Nous voyons par l’actualité que c’est tout un système qui s’est installé et réinstalle les conditions finales d’un début de crise.
Car comme en 1929-33 ce n’est plus, les marchés financiers qui influencent l’économie mais qui là reflète. Et pour cause : Il faut bien voir que la financiarisation de l’économie n’a connue aucune limite politique ou réglementaire, tout le monde a cédé ! Acceptation de la société « du cash pour du cash ». A la recherche de la performance ultime, toujours plus haut, plus loin, pour ravir les actionnaires on :
¤ Délocalise
¤ Privilégie le ROI (retour sur investissement) de court terme au détriment des projets innovants de long terme. On préfère même donner des dividendes supplémentaires (l’argent en trop par rapport aux prévisions) plutôt que d’investir là où le rendement ne sera pas à 2 chiffres !
¤ On rend le travail précaire (mi-temps/ cumule de jobs distants/ CDD/ Intérim/ périodes d’essaies/ forfait journalier/ 35 heures/ stages/ VIE…)
¤ Privilégier le cash à l’homme. Il appel ça la « real politique » (je n’aime pas cette expression qui ternie une fois de plus la « noblesse » de se battre pour le « bien » du peuple). Ça va de Sarkozy en Afrique, Hilton en Chine et Kadhafi en Europe (pour pas dire en France).

Les coupables ne sont pas les banquiers ou chefs d’entreprises. Les coupables c’est nous, acteurs et consommateurs de ce système basé sur l’hyperconsommation, financiarisation, performance et la précarité.

Et les citoyens dans tout ça? La conséquence de cette politique de court terme est que nombreux citoyens se sentent injustement abusés et impuissant or l’histoire démontre que les guerres ou les soulèvements populaires, ont trop souvent été une réaction à des traitements d’injustices.
A ce titre, et sans légitimé les propos ou quoi que ce soit sont et je tiens à rappeler ce communiqué de presse du 4 octobre 2008 à Berlin par le ministre de l’intérieur allemand « Wolfgang Schauble » qui rappel dans la presse allemande qu’un « danger politique pourrait résulter de la crise financière internationale comme ce fut le cas après la dépression de 1929 avec l’arrivé au pouvoir d’Adolf Hitler ». La crise elle a déjà fait un élu aux US -qui semble- plus « tendre » apparemment et heureusement.

Des solutions ?
¤ Prioriser l’essentiel avec de « grosses » actions. Certes, certains aspects seront laissés de côté, mais là où nous nous attaquerons, l’effet de levier sur plus fort. (Emploi, économie & budget) : n’est’ il pas judicieux de chercher le vrai « frein » pour en trouver le bon levier ?!
¤ La TVA SOCIALE : Quoi de mieux pour favoriser l'emploi et pour conserver nos entreprises ? Ce transfert de taxes favorise les entreprises à forte masse salariale (permet de baisser leurs cotisations patronales) au dépend des autres (ex : Total).
¤ Réglementation plus légère : Le temps est à l'investissement des entreprises pour comprendre les réglementations qui est immense : 43 jours de travail par an, appel d'expert etc. Investissons dans les systèmes d'informations et une législation plus simple, plus claire qui permette à n’importe quel entrepreneur de créer, développer et faire réussir une PME. Un plombier doit pouvoir monter son « business » sans être un fraudeur invertit et une entreprise doit être un acteur économique et non pas un administrateur de l’Etat.
¤ Les jeunes diplômés sont en concurrence avec les seniors et les expérimentés au chômage recrutables à bas coût. Favorisons encore plus l'emploi des seniors et des jeunes diplômés avec des avantages fiscaux à courte durée (la crise ne sera pas éternelle !)
¤ Revoir une partie du paquet fiscal. Le volet heure supplémentaire coute à l’Etat et participe à la progression du chômage en période de compression de poste. La perte est estimée à 3 milliards d’euros.
¤ Eclaircir la situation sur la dette. Il y a trop d’actions qui entrainent interrogations et de préoccupations. Pourquoi et comment le gouvernement fait il pour débloquer des fonds quand les reformes sont mal engagées ? Pourquoi faire par moment des reformes qui coutent plus quelles ne rapportent ?
¤ Domestiquer la dette pour réduire et prévenir les risques liés à un emprunt international. De plus, domestiquer la dette permet de faire grandir l’amour pour la France par les français. Rémunérer par les intérêts les emprunteurs (PME & citoyens) et les sensibiliser donc les responsabiliser.

Et l’avenir ?
Il faut comprendre qu'il y a une impasse « logique » dans le système, il se peut que nous n’assistions pour le moment qu’à la mise en place de ces conditions initiales de la crise. La crise en est à peine qu’à son début que nous allons en voir renaître d’autres. Pour ne pas retomber dans les cycles de crise, il faut profiter de l’opportunité qui s’offre à nous. L’envie de ne plus revivre ça de la part des citoyens, les problématiques de cette dette, qui pèsent sur notre pacte républicain tout comme la prospérité de la France ainsi que le défi écologique.
Il faut de vraies mesures avec une vision d’avenir. Le besoin d'assurance sur le futur est une condition essentielle du développement social. La vision à court terme de la classe politique mélangée aux pratiques anciennes n’est ni bon pour l’économie, ni même pour nous. Il faut ce souci de prospective vitale, pour améliorer l'homme et l'humanité en général. Voilà une valeur que nous devons tous avoir à l’esprit.

by Sidi Sakho

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