17 mars 2009

La demi-loi Bachelot, encore un pansement sur une jambe de bois

651493.jpgOn ne peut qu'applaudir l'initiative de la loi Bachelot en ce qui concerne le volet alcool. Cette loi prévoit l'interdiction de la vente d'alcool aux mineurs (rappelons que jusqu'à présent, les mineurs de 16 ans pouvaient en consommer dans les bars et en acheter en supermarché), dans les bars, les grandes surfaces, épiceries, discothèques, elle interdit également les open-bar.
Bien entendu, on entend déjà des voix s'élever contre cette loi dite «liberticide» (comme pour la précédente loi sur le tabac), mais tout doit être fait pour lutter contre le fléau de l'alcoolisme, les comportements des jeunes vis-à-vis de l'alcool s'étant radicalisés ses dernières années, cette mesure semble nécessaire et bienvenue.
Cependant, une fois de plus, le gouvernement fabrique une loi mi-figue mi-raisin dont on peut douter de l'efficacité, voire de la sincérité. En effet, une nouvelle mesure d'interdiction, mais aucun effort en matière de prévention. Faut croire que le simple fait d'interdire de consommer un produit à un jeune de 16 ans suffira à l'empêcher de trouver le moyen de faire ce qu'il veut. Comme la drogue. Aucun problème de drogue en France, ben non, c'est interdit.
Finalement, à deux ans près, est-ce vraiment utile de remonter l'âge légal de consommation d'alcool ? Ne vaudrait-il pas mieux prévenir en amont, afin que les jeunes consomment, mais sans excès ? Pourquoi ne pas tout faire pour changer en profondeur la vision de l'alcool le plus tôt possible, dans les écoles notamment ? Pourquoi ne pas obliger les fabricants à ajouter un autocollant sur les bouteilles d'alcool, comme pour les paquets de cigarette ? Pourquoi réduire sans arrêt les subventions des associations de luttes contre l'alcoolisme ? Pourquoi se contenter de faire passer des décret, des loi, des règles, mais jamais expliquer, jamais accompagner, jamais... financer ? Les jeune Français sont-ils si stupide qu'on ne peut leur parler qu'en terme d'interdit, et jamais engager un dialogue ?  Le gouvernement ne sait-il utiliser que le langage de la carotte et du bâton, ou va-t-il se décider à considérer un peu plus ceux qui l'ont porté au pouvoir (ou pas) ?
Comment, comment, comment, peut-on encore autoriser les stations services à vendre de l'alcool, certes, entre 8h et 18h seulement mais enfin, quel plus grand paradoxe que celui-ci ! (et à ce sujet, Mme la Ministre n'y est pour rien, sa proposition prévoyait une interdiction totale... malheureusement, les députés UMP n'étaient pas du même avis).
Et que dire de l'autorisation de la pub pour de l'alcool sur internet ! Si ce n'est pas de la démagogie ! Une fois de plus, le gouvernement cherche à ménager la chèvre et le choux : que les jeune arrêtent de boire, mais attention, que les industriels de l'alcoolisme continuent à faire du bénéfice ! Même topo que la loi sur l'incitation à l'anorexie : empêche-t-on les industries pharmaceutiques de faire de la pub pour leurs arnaques «amincissantes» ?
Que le gouvernement ait un peu de courage, celui de prendre les bonnes décisions, d'agir, de prendre ses responsabilités, et non de faire des réformes inutiles en essayant de contenter tout le monde, de faire sa com et sa pub en prenant les Français pour des idiots.
Certes, le vin fait partie du patrimoine culturel français, et tant mieux, c'est une richesse. Mais l'alcool peut aussi être un produit capable d'altérer l'activité neuronale, modifier la perception, d'entraîner une dépendance. Plus communément : une drogue.

by Marie Mozziconacci

14 décembre 2008

Un puits à la sécurité sociale

n1524039812_95218_7694.jpgIl y a des moments où il n’est pas nécessaire de sortir la boule magique du grenier. Il est d’un savoir commun que la population française vieillit, les maladies chroniques croient et se répandent et nous devons faire face à une répartition spatiale des médecins assez pragmatique ; par une pénurie de ces derniers qui préfèrent « redoubler » leur second cycle. Dans ce tableau noir où sont donc les bonnes nouvelles vous demandez vous surement ?

Il n’y a plus qu’un seul « trou » à la sécu, un puits dans lequel nous jetons notre argent sans que de notre principal souhait ne soit satisfait : Perspectives qui permet de conserver l’un des meilleurs systèmes de santé mondiale sans pour autant dépenser des sommes astronomiques. Car nous avons l’un des meilleurs et le monde nous envie. Néanmoins, il est bon et important de prendre en compte que nous avons conscience de cette situation actuelle et que nous souhaitons- tous autant que nous sommes l’améliorer. Egalité et Fraternité sont des valeurs décidées par notre République, servons nous en pour innover et obtenir l’élite des utopistes.
Et c’est possible ! A entendre les uns et les autres, oncle Sam a bien raison. Il n’y a pas de problème sans solution. Mais soyons réaliste avant tout, il nous faut pour cela résoudre une question majeure qui demande : CHOIX et RESPONSABILISATION. Qui s’en sentiras le courage ?

Les solutions ? Allons-y. Si elles peuvent inspirer les parlementaires pour l’étude du rapport sur le budget de la sécu au 1er trimestre 2009 : Cher « état », tu m’a peu gâté pour les fêtes de noël et ce malgré ma patience, mon calme et mon exemplarité. Puisses-tu réfléchir à quelques améliorations pour notre cher et tendre système de sécurité sociale ? Pour 2009 je souhaite :

¤ Rendre attractif le métier de médecin généraliste quitte à en faire des emplois de la fonction publique. Dont la rémunération si elle n’est pas compenser par des avantages- (Assurance d’état aux maisons médicales) s’approchera des spécialistes (A diplôme égal, salaire égal)

¤ Rassembler les métiers : Le taux de suicide est 4 fois supérieur à la moyenne dans cette profession. Rassembler les professionnels du métier et les faire travailler ensemble pour « recréer » positivement et permettre des réductions de frais.

¤ Indemniser par prime bonus les acteurs en fonction de la réduction du déficit de la sécu. Ce déficit est l’affaire de tous (incentive).

¤ En finir avec les abus : Loin de qui que ce soit de monter les Français les uns contre les autres. Mais les français qui travaillent à l’étranger pour des entreprises étrangères ne cotisant pour la sécu n’ont pas à se faire rembourser des frais médicaux alors que nous ne parvenons pas a trouver l’équilibre.

¤ TVA sociale : Oui la revoilà ! Faire cotiser tous produits à valeur ajouté reste une piste intéressante, surement à étudier.

¤ Développer la médecine 2.0. C’est du « web » médical qui permet de suivre l’évolution d’une maladie chez un patient afin de connaître les réactions de son corps. Pourquoi pas « mixer » médecine et technologie ?

¤ Développer la Visio-médecine. Avec le développement d’internet sur le territoire, elle permettra d’orienter, conseiller ou la délivrance d’ordonnances pour guérir des personnes ne pouvant se rendre chez le médecin ou n’ayant pas besoin d’une visite dite « physique ».

¤ Développer, développer, développer les systèmes d’informations avec une base de données consultable par les médecins choisit par les patients. Cela permet en cas d’urgence, d’avoir accès à toutes les informations nécessaires à la prise en charge rapide du patient. Imaginez que vous sortez acheter le journal où je suis à la une. Une voiture renverse un homme. Vous êtes médecin (tout est possible a dit Sarko, la preuve étant, je suis à la une de ce fameux journal lol). Comment savoir ce dont il a besoin s’il n’a pas de papiers (médicaux)?

Huit solutions ! ! ! Vaste programme comme aurai dit l’ami. Je le rassure s’il peut me lire : Tout n’est pas bon à prendre, il faut choisir ! Choisir et mixer avec la liberté individuelle, le secret médical, les coûts et la population. Quoi qu’il en soit, des solutions EXISTENT. Innover, créer, innover, voilà ce que j’aimerai entendre de la bouche des politiciens. Générer des solutions nouvelles comme pourrait le dire Impulsion Concorde.

by Sidi Sakho

05 décembre 2008

Cet hiver ne cramez pas de voiture ! Visez juste, le père noël...

voiture-brule.1208266575.jpgCet hiver ne cramez pas de voiture ! Visez juste, le père noël passe par la cheminée.

La « tolérance zéro » ou les coups médiatiques ne résoudront pas le malaise des banlieues. Il est nécessaire d’offrir la possibilité d’une « sortie de crise » en offrant la possibilité aux personnes concernées de s’en sortir d’eux-mêmes. « Responsabiliser les Français uns à uns » disait-on…Cap ou pas cap. Si l’ascenseur social est en panne serions nous cap de ne plus nous faire aider à l’extrême et de prendre l’escalier ?

Les braises d’une banlieue « after émeute » témoignent que le modèle républicain français peine à s’incarner en profondeur dans des zones où il pourrait en fait être fièrement porté comme un étendard. Cela entraine une remise en question du mode de transmission des valeurs et de l’identité française qui ne parviendrait plus, pour sa part, à répondre aux besoins de nos sociétés et citoyens d’aujourd’hui. De modèle républicain nous sommes passés à bordel républicain, pourtant « Liberté, Egalité, Fraternité » constitue une devise généreuse s’opposant fondamentalement aux tendances lourdes des évolutions du monde dans lequel nous vivons. Malgré cela, il semble bien que la France hérite d’une situation qui pourrait servir d’exemple pour le monde entier. Car, à travers l’ambition de son idéal et la diversité de la population qui la compose, la France incarne une synthèse de la problématique mondiale aujourd’hui prédominante : les cultures, les religions et les civilisations, est-il possible de les faire co-habiter avec tolérance et respect ? La force de la France c’est le rassemblement de cette diversité source de richesse et d’ouverture, sa faiblesse pourrait être de ne pas y croire et de ne pas s’en donner les moyens pour ce défi.

Je ne sais pas si ceux qui brulent savent pourquoi ils brulent la voiture de leurs voisins, mais leurs actes relèvent le problème de l’intégration, de représentation et d’autres qui seront évoqués dans d’autres notes. Patience donc…En parlant de notes, vous avez lu mes notes ? Nous entrons dans au moins 18 mois de pure galère ! ! ! Et vous connaissez le principe de ce châtiment? Entre amis, entre collègue, entre famille, les moments les plus durs à vivre sont ceux qui nous soudent. Voilà donc une opportunité pour faire de notre territoire un creuset a inégalités.

Mais serai est-ce suffisant ? J’en doute, en plus des circonstances il faut que se dégage une véritable volonté de la part de tous le monde. J’ai comme maintenant à mon habitude quelques pistes qui me semblent intéressantes pour résoudre le problème. Je pense qu’il faut dès aujourd’hui :

- Des écoles qui favorisent l’émergence de l’intelligence du raisonnement, de l’adaptabilité, du discernement, et de la capacité a donner du sens. Comprendre sa propre histoire et prendre acte de tous les périls qui ont été surmontés avec courage.

- Proposer de la diversité sociale plutôt qu’éthique a tous les niveaux. Il est bon pour le pays d’une part d’avoir de la fraicheur intellectuelle et d’autre part de favoriser les métiers ou la compétence plutôt que des origines ethniques, cela donne aux individus l’envie de progresser alors que la discrimination positive ethnique fige les ambitions.

- Convenir d’un plan d’action et d’un suivi des étrangers dès leurs arrivée en France (pas à la naturalisation).

Pour conclure, malgré la prime à la casse cet hiver ne cramez pas de voitures ! Visez juste, le père noël passe par la cheminée et est plein d’idées pour votre avenir comme pour celui du pays ! Nous héritons d’une situation unique au monde avec un modèle à multiple facettes (communauté nationale unie, justice sociale et compétitivité de la France) qui n’est pas dépassée. Croyons-y, et nous serons contents du résultat !

by Sidi Sakho

02 décembre 2008

Punir l'incitation...à la maladie ?

Mannequin.jpgEn ces temps troublés par une brûlante actualité, le sujet qui m’a intéressé aujourd’hui peut sembler un peu hors de propos. Il s’agit de la loi proposée par la députée Valérie Boyer il y a 6 mois de ça, contre l’incitation à l’anorexie.
Autant voter une loi contre « l’incitation au SIDA ».
Comme bien souvent dans ce gouvernement, un projet de loi vite fait mal fait prend naissance suite à un « fait divers », en l’occurrence le décès d’un mannequin anorexique, et bien entendu le déchaînement médiatique qui a suivit. Et comme bien souvent, on passe complètement à côté du problème.
Cette loi vise principalement les fameux site internet « pro-ana », qui comme leur nom l’indique prônent l’anorexie comme mode de vie.
L’anorexie est une maladie qui ne « s’attrape » pas en lisant des conseils fumeux sur comment vomir sans faire de bruit. Ces sites sont le fruit de jeunes filles mal dans leur peau, qui ont cherché à maigrir pour correspondre à des critères de beauté artificiels véhiculés par notre société toute entière, et qui ont trouvé qu’un simple régime ne permettait pas de maigrir assez vite. Alors après avoir vu une énième émission de Delarue sur l’anorexie, bien trash, bien détaillée, elles se sont dit que ce serait un bon moyen de maigrir finalement et cherchent à exister en entrant dans une case.
L’anorexie est trop souvent considérée comme le simple fait de vouloir perdre à tout prix des kilos, mais les causes sont bien plus profondes, une jeune fille voulant simplement maigrir ne deviendra pas anorexique juste parce qu’elle fait un régime, elle aura beau se faire vomir, il faut un terrain psychologique favorable. L’anorexie existait bien avant les mannequins et internet.
Alors si l’on veut punir tout ceux qui « incitent à l’anorexie », il va falloir se retrousser les manches et commencer par tous les grands laboratoires pharmaceutiques qui promettent la minceur à toutes sans effort grâce aux jolies p’tites pilules magiques ! Il faudra punir les chaînes de télévisions qui ne mettent à l’antenne que des femmes minces et superbes, véhiculant ainsi l’idée que la minceur est synonyme de réussite et de bonne santé. Il faudra punir le Président Sarkozy et son jogging matinal, ainsi que sa femme ex-mannequin, qui incite silencieusement la jeunesse de France à maigrir outrageusement !
Il serait peut-être temps de changer la société et ses valeurs, plutôt que de stigmatiser un peu plus des jeunes filles se sentant déjà en marge, et peut-être accorder plus de crédits aux unités de soin pour les victimes de ce fléau.

 

by Marie Mozziconacci

24 novembre 2008

Cannabis : Légaliser c’est mieux lutter

scale.jpgEst-ce que ceux qui font ces études statistiques ont fumé ? On pourrai le croire tant les chiffres sont élevés : 31 % des 18 à 44 ans ont déjà fumé du cannabis (11 % en fume plus de 10 par mois), 32 % des 15 - 19 ans ont aussi déjà fumé et 14 % en fument au moins 10 par mois. Les drogues dures comme la cocaïne investissent de manière très forte le monde de la nuit et le réseau étudiant. Il faut cependant ne surtout pas tomber dans les clichés. Un fumeur de « joints » n’est pas un toxicomane. Il faut aussi préciser que le cannabis n’est pas qu’une drogue de passage, avant la cocaïne ou l’héroïne. Et se poser des questions : Qu'allons nous faire ? Tous les mettre en prison ? Légaliser ou tolérer la consommation ? La vente ? La production ? Le débat n'est pas nouveau. Ma préoccupation est de savoir si légaliser aura une influence sur la criminalité ou la santé....si légaliser permettra de mieux lutter.

Nous savons tous que la fonction de l'état est d'organiser la société afin que les citoyens mènent une vie prospère sans recherche de bénéfices, mais les méthodes les plus coûteuses ne sont pas forcément les meilleures. La prohibition des stupéfiants impose des coûts beaucoup trop élevés, des échecs tant sur le plan financier que sur le plan de la criminalisation et de l'atteinte aux droits civiques et aux libertés individuelles (ndlr : selon la constitution, la « liberté consiste à faire tout ce qui ne nuit pas à autrui » (art.4 de la déclaration des droits de l’homme). Autrement dit, la méthode employée depuis un bon moment ne porte pas ses fruits. Non seulement les sommes investies sont élevées mais en plus de cela le nombre d'usagers est en constante augmentation. Alors que faire ? Se reporter à l'Europe ? Non ! L'Europe est trop molle face à la lutte contre la drogue et son argent et pour cause. 100 Milliards d'euros par an : c'est le montant investi par les seules mafias Italiennes dans l'économie européenne. Coquette somme, il y a aussi celle du ministère de l'intérieur qui estime à 832 Million d'euros les gains liés au seul cannabis en France. Ces observations montrent que si la prohibition enrichit les mafias elle rend aussi nos états dépendants des investissements.

Une enchère : Changeons de méthode ! Régulons la consommation pour nettoyer le marché avant de le supprimer petit à petit. Le gouvernement mène trois combats. Celui de la santé car fumer du cannabis atteint plus vite l'homme. Celui de la culture car entre voisins qui produisent (suisse), consomment (Pay bas), tolèrent (Angleterre) ou vendent (mafia italienne), la France ne peut faire figure d'exception. Un combat judiciaire également face au respect de la loi de notre pays que certains contournent. Face à cela changer de stratégie peut être judicieux, en profiter pour faire des « promotions d’opportunisme gouvernementale » également tel que celle de la :
- laïcité comme espace société plus juste, plus progressiste et plus fraternel où les citoyens peuvent s’épanouir dans le respect mutuel de leurs différences (ndlr : les drogues sont interdites dans les 3 religions qui dominent le monde)
- Constitution qui fait de la France un pays de liberté et qui permettrai de lui redonner de l'intérêt auprès de ceux qui l'ont perdue.
- L'ouverture d'esprit et la tolérance française aussi.

Les propositions pour étouffer la consommation par la légalisation sont :
- Délivrer des permis de consommer afin de limiter et contrôler la consommation. Ce permis est vital ! Cela permet d’une part d’identifier les consommateurs et d’en faire des statistiques pouvant servir a mieux intervenir. Il doit être attribué en fonction de certains critères tels que l'isolement de la personne, son emploi, son état mental etc... et ce pour des durées renouvelables par une préfecture avec l’aval du médecin traitant.

- Vente des produits en pharmacie. Le produit doit être de bonne qualité pour être le moins dommageable possible cela peut paraître amusant mais une partie des substances échangées sont des dérivés de drogue (mélange avec d'autres produits) qui attaquent plus brutalement l'individu. Non seulement la vente en pharmacie oblige la vente de produits tractables et plus sains mais en plus de cela le pharmacien devient le premier relais du consommateur.

- Interdire la vente. Une alternative étant en place ceux qui fraudent doivent être lourdement punis sans exception.

- Investir investir et réinvestir l'argent récolté dans les cures de désintoxication, les campagnes de préventions. C'est plus que de la responsabilité, l'argent investi par les consommateurs permet ainsi de les traiter.

En conclusion, autoriser ne réglera pas tout les malaises de ceux qui consomment (confiance, solitude, besoin de s’aérer etc....) mais permettra déjà de réconcilier l'état et le consommateur en le permettant de le faire modérément dans la légalité. L’acte ne fera pas disparaître d'un éclair la consommation non plus, mais peut être une méthode pour contrôler le marché, changer les mentalités et réduire petit à petit la consommation. Il faut aussi noter qu’il s’agit d’un bon moyen de rendre les citoyens libres (en apparence) et l’état libre des fonds mafieux car l’argent qu’il investit dans les entreprises européennes sera directement gagné par le gouvernement vendeur.

by Sidi Sakho

03 novembre 2008

La France, le Football, et l'Armée

stade-de-france-ol.jpgImaginons un instant que les tribunes d’un stade soient le reflet de l’état d’une nation. Outre les cris de singes et autres insultes guère encourageants pour la race humaine, que peuvent nous apprendre sur la situation d’un pays les sifflets de son hymne national ? Relativisons, le supporter est versatile, issant promptement les drapeaux tricolores en cas de victoire, mettant à mort l’entraîneur en cas de défaite.
Mais qu’est-ce qui peut pousser un citoyen français a rejeter ainsi en masse les symboles de la patrie ? C’est qu’il ne se sent pas en faire partie. La France « black blanc beur » est loin. Mais a-t-elle jamais existé ? Au delà de « l’objet » Marseillaise, ce rejet nous en dit long sur ce sentiment, ce malaise de la société française, société métissée, multiculturelle, mais qui souffre d’un manque cruel de cohésion au sein de son (ou « ses » ?) peuple.
Sans être particulièrement patriote et nationaliste, ce malaise est pour autant inquiétant, symptôme de problèmes plus profonds et qui pourraient avoir des conséquences bien plus graves.
Ce que l’on peut déduire de ce rejet de la nation par ses symboles, c’est une fracture sociétale importante. Des groupes de citoyens français ne se sentent pas français. La France n’a aucune signification dans le meilleur des cas, est l’ennemi à abattre dans le pire. Et cela semble normal, comment réussir à concilier une identité « maternelle » et une identité « d’adoption » (sans même parler des inégalités). Des institutions ont ce rôle parmi leurs attribution. L’école par exemple, est censée être un creuset d’identité nationale, par l’apprentissage d’une langue, d’une culture, d’une histoire communes. Par l’expérience de la mixité sociale également, de la vie en communauté, du civisme. Mais l’école, n’ayons pas peur de le dire, a failli à cette mission, et la suppression de la carte scolaire risque fort de creuser encore plus les fossés déjà existants.
L’autre foyer d’identité nationale a pu être l’armée. L’histoire montre a plusieurs reprise que les civilisations fortes ont été celles qui ont érigé le « devoir de défense » en pilier de la société. Lorsque Athènes ou Rome ont cessé de constituer leurs armée de citoyens, et fait appel à des mercenaires, dont l’équivalent serait aujourd’hui l’armée de métier, elles ont donné le point de départ de leur décadence et de leur chute. L’histoire nous donne également de nombreux exemples d’intégration par l’armée de « nouveaux » citoyens français.
Nous ne sommes plus dans une société où la guerre est un risque permanent, une angoisse omniprésente. Le contexte international actuel ne nécessite même pas une armée de masse comme ce fut le cas pour les deux guerres mondiales. Mais dans la simple optique de resserrer la cohésion nationale, de faire que les français se sentent vraiment français, serait-il si mauvais qu’une fois, une année, par exemple, dans une vie, une classe d’âge se voit regroupée sans distinction d’origine, de milieu social, d’éducation, de géographie, pour vivre ensemble dans les mêmes conditions ?
Le service militaire obligatoire n’existe plus depuis plusieurs années. Il est fort à parier qu’on ne reviendra jamais sur cette mesure, très populaire au demeurant. Mais la question mérite cependant d’être posée : le devoir de défense de la patrie étant inexistant, et avec lui, toutes les valeurs qui fondent le sentiment d’appartenance à une communauté, avec lui toutes les dernières expériences de vie avec les autres dans l’égalité, la fraternité, l’armée française n’étant plus une armée de citoyens, la France en tant que nation existe-t-elle encore ?

by Marie Mozziconacci